• Communiqué de presse

     

      

      

    Communiqué de presse

    vernissage le vendredi 4 mars 2011 à partir de 19h et du 28 février au 13 mars 2011

     à la galerie de la Petite Rockette, 6 rue Saint Maur, Paris 11e / 
     M° Voltaire,
    du lundi au vendredi de 11 à 19h
     
     
     
     
     

    Rappelle toi Barbara est une exposition qui trouve son origine dans le célèbre poème de Jacques Prévert du même nom, paru en 1946.

     

    Les artistes

    Lise-Adèle Groussin, Maureen Ragoucy et Camille Simony font partie du collectif d’artistes Rhézome, fondé à six en 2009. Son objectif, comme celui d’autres collectifs artistiques, est de multiplier le champ d’action de chaque membre et de rester dans une dynamique d’échanges.

    Face à un manque ressenti d’espaces d’exposition non institutionnels et non marchands, les collectifs basés à Paris répondent souvent par l’investissement d’espaces qu’ils gèrent eux-mêmes, ou par l’infiltration le temps d’une exposition, dans les espaces dont le statut en marge du circuit officiel permet un accès sans la validation des acteurs principaux.

     

    Lise-Adèle Groussin

    Le travail artistique de Lise-Adèle Groussin pour cette exposition porte sur le temps agissant, acteur et sujet modelant par son action objets et individus. Formellement, Lise-Adèle Groussin nous amène vers les cabinets de curiosités et la collection d’amateur. Ils suggèrent une idée d’artiste qui teinte d’un aspect mystérieux les objets qui l’obsèdent et la fascinent - pas toujours reconnaissables - renvoyant à des récits mythiques. En prolongement de cette collection de petits objets, à la fois bien conservés et prêts à être consommés, deux peintures reviennent sur eux, telles des sources d’une grande fascination. Loin d’une immobilité formelle, le travail de Lise-Adèle Groussin dénote du processus, de l’activité artistique confronté à l’action du temps. Deux types d’objets peuplent les bocaux : des objets métalliques rouillés et des petits animaux aux textures et morphologies étranges. Les éléments des deux catégories ont été objets de processus bien particuliers. Les objets métalliques ont été déterrés à l’aide d’un détecteur de métaux et les animaux plastiques issus d’univers enfantins ont été tordus, tirés, troués, calcinés, recouverts. Dans le premier cas, l’artiste s’adonne à une activité jouissive et à risque pour actualiser ce qui est enfoui, pour retrouver l’oublié, lui redonner un autre statut. Chercher, détecter, déterrer, trier et conserver pour exposer. L’artiste se confronte ainsi à la notion de valeur déterminée en fonction de la rareté de l’objet, de son aspect esthétique, de son état de conservation, d’un jugement purement subjectif et affectif. Dans le cas des animaux malmenés, le processus broye et dépasse, transforme l’univers enfantin qui, marqué par la violence demeure à jamais différent ; replacé dans un univers autre, clos, mis sous observation permanente. L’artiste s’expose ici contemplant, comparant les actions du temps et les siennes.

    Maureen Ragoucy

    Déclenché par un élément autobiographique, le souvenir d’une grand-mère nommée Barbara ayant vécu à Brest à la même époque que Prévert, le travail de Maureen Ragoucy met à l’honneur l’Autre, confronte le présent avec le passé, fusionne ces deux temporalités dans les traces de rencontres et de récits. Le sujet qu’elle explore ici est l’être humain et, plus précisément, ses rapports à lui-même, aux autres et au temps. Sujet de prédilection de l’artiste, confronté à sa mémoire, il plonge dans son passé tout en réactivant sa personnalité révolue. Le passé devient présent. Les temporalités s’annulent. Les douze femmes interviewées ont accepté une situation de partage, de confiance. Elles ont accepté qu’une partie d’elles, véhiculée par leur portrait et par leurs paroles, soit révélée, exposée.

    La photographie argentique et les tirages réalisés par l’artiste dénotent une envie d’actualisation d’une technique de captation propre à l’époque dont proviennent les souvenirs, un rapport au temps plus lent, une préparation plus importante ainsi que le suivi de toutes les étapes du processus technique.

    Formellement rendu dans une forme documentaire constituée de portraits photographiques et d’un texte relatant un souvenir situé chronologiquement à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale, le travail de Maureen Ragoucy se situe ailleurs que dans le témoignage. Il est, plutôt, de l’ordre de l’accueil et de la transmission voulant valoriser une fonction de l’artiste passeur. L’artiste se révèle par l’Autre. Tout comme la parole donne corps au souvenir en l’actualisant, les textes et les photographies donnent une autre forme, une autre existence à l’Autre physiquement éloigné.

     

    Camille Simony

    L’installation de Camille Simony est en tension tant au niveau formel que conceptuel. A la fois intrusive et discrète, elle s’affirme et s’efface. Elle cite un élément textuel essentiel du poème de Prévert, lui donne de la plasticité, l’éclaire, le trouble et l’efface tout en agissant sur le souvenir. Ici, la phrase largement connue est universalisé par la dé-contextualisation. Par ce processus, les mots du poète et l’intention de l’artiste s’adressent à tout un chacun. Cette injonction teintée de douceur, voudrait inviter le spectateur  à un voyage dans le temps. A cette liberté conceptuelle viennent se heurter les limites matérielles révélées par l’installation. La phrase existe uniquement grâce à la lumière noire, une lumière artificielle, dont le rôle principal est celui de révélateur. Mettre en lumière, montrer les choses sous un certain aspect, tenter de maîtriser... Ces démarches propres au processus artistique, par leur nature, cherchent à rencontrer ce qui n’est pas encore connu. Camille Simony oppose cette volatilité de la pensée, de la parole, du processus à la solidité de la forme, de l’objet métallique et acéré qui encadre, qui contient l’élément le plus fluide qui, tout comme la pensée, ne peut pas s’immobiliser. Cette eau dénaturée et ternie, comme la mémoire mouvante, sélective et trouble est mise en mouvement agissant ainsi sur l’image, le reflet des mots. A la fois, l’eau permet et met à mal sa forme, sa lisibilité. L’image s’altère, laissant la place à la mémoire, la pensée et à l’image mentale, toutes aussi fragiles que le reflet. Soulignant l’aspect passant des états et de la matière, Camille Simony en relation avec Prévert  souligne la disparition, le deuil, la transformation, le présent de la mémoire. Sa pièce révèle, rythme, ponctue, brouille et vient se situer dans le champs de la transformation induite par la répétition.

     

    La Petite Rockette

    Le bâtiment du 19è siècle a été construit en tant qu’annexe de la prison pour femmes nommée La Petite Rockette. Cessant cette activité, le bâtiment est par la suite affecté au centre de formation continu des douanes, propriété du Ministère des Finances. Située dans le nord-est parisien, la Petite Rockette est depuis 2005 un espace de recherches artistiques, de répétitions et de concerts, de rencontres et d’activités du quartier, gérée par un collectif d’associations utilisant le lieu.

     

    Textes de Sandra Černjul

    Contact

    Lise-Adèle Groussin / liseadele.eklablog.com

    Maureen Ragoucy / www.maureenragoucy.com

    Camille Simony / simonycamille.eklablog

    Rhézome / 01 48 77 56 86 / info.rhezome@gmail.com / rhezome.eklablog.com