• Communiqué de Presse

     

     

     

     

     

     

    1 - 28 février,2010

    Adeline Carrion Reyna, Matthieu Crimersmois, Lise-Adèle Groussin, Maureen Ragoucy, Camille Simony-Jarrige

    Vernissage : mardi 2 février à 18h00, Galerie Museum, Cour Museum à la Gare d’Austerlitz, 7, boulevard de l'Hôpital, Paris 13e / M° Gare d'Austerlitz

    L’EXPOSITION

    Tout comme la Galerie Muséum s’intègre discrètement dans le paysage des commerces de la Gare d’Austerlitz, l’exposition Par son titre, Night on eart cite Jim Jarmusch et se focalise tout particulièrement sur  la durée, propre à toute exposition, exacerbée par l’importance donnée au temps, au mouvement, à la répétition et à l’imprévu dans une gare. Elle s’inclut parmi les banalités du quotidien, tout en affirmant une différence, une appartenance à la nuit qui modifie les perceptions, différencie les échanges. Dans l’exposition

    Night on eart, comme dans le film, il est question de trajectoires individuelles, de leur croisements, de bouts de trajets parcourus ensemble, de fragilités révélés et d’usures dues au temps et à l’activité de l’homme. Dans les processus artistiques à l’oeuvre ici, on relève le souci de transformation physique de l’objet, de la fabrication de son contexte, d’empreintes, de traces visuelles et écrites et de conservation. Le spectateur rentre dans l’exposition par la vitrine. Dans sa forme, une exposition est, à la façon d’ un commerce, une invitation, une proposition. Dans le fond, leurs objectifs divergent, mise à part ceux du marché de l’art. Développer un regard analytique et critique pour le premier, créer des besoins pour créer des richesses pour le second. Sauts dans l’inconnu pour les uns et certitudes sur ses clients pour les autres, l’ exposition dévoile et le commerce opacifie les systèmes les constituant. Les artistes investissent l’espace-vitrine de la galerie avec son potentiel commercial et sa nature disponible au display tout en établissant un lien flagrant avec et en renvoyant le spectateur vers l’intérieur, au coeur de l’échange. Formellement, étagères et mannequins, socles et images-cartes-postales, valises et trésors renvoyent tous, au premier abord, vers le culte du tourisme. Les revêtements et les surfaces sont exacerbés. La plupart des oeuvres soulignent la plasticité de l’objet. S’agit-il de d’emballages vides ? Tel des fragments de situations fantasmées par le spectateur, les oeuvres renvoient à l’ absence d’un corps, d’un trajet, d’un être, d’un événement qui les a façonnés. Témoins de vécus imaginaires, ces oeuvres-peaux enveloppent d’un certain romantisme et tentent de protéger de la durée usante des corps fragiles.

     

    LES ARTISTES Les cinq artistes de cette exposition sont à l’origine de Rhézome, fondé en 2010. Son objectif, comme celui d’autres collectifs artistiques, est de multiplier le champ d’action de chaque membre et de rester dans une dynamique d’échanges. Face à un manque ressenti d’espaces d’exposition, les collectifs basés à Paris et en banlieue parisienne répondent souvent par l’investissement d’espaces qu’ils gèrent eux-mêmes ou par l’infiltration, le temps d’une exposition, dans les espaces dont le statut en marge du circuit officiel permet un accès sans la validation des acteurs principaux.

    Adeline Carrion Reyna

    Les recherches d’Adeline Carrion Reyna se situent à l’interstice de l’intérêt pour l’intime, le documentaire, l’image et la fictionnalisation du réel. Sur le fond, elles explorent l’instabilité et la fragilité de l’humain et de ses territoires, les migrations et les traces physiques de dévastations induites par l’actualité socio-économique globale. Dans ses explorations, ses deux principaux véhicules de connaissance sont l’expérience personnelle et Internet, l’un façonnant son regard sur le quotidien et l’autre donnant accès à l’image, à l’information multiple, donc distancié.

    Matthieu Crimersmois

    Plasticien et platiniste, Matthieu Crimersmois s'inscrit dans un rapport plastique au son. Son évoqué, son modifié ou crée, il choisi le disque vinyle comme la base de ses explorations. Il considère les reliefs, la plasticité, les propriété physiques du matériau. Il utilise souvent le thermoformage pour traduire la peau vinylique en écailles protégeant le vide laissé par un corps absent. Le disque vinyle modelé se rapproche ainsi d’une caisse de résonance accomplissant une mise en abîme simple par le retour fantasmé vers ce qui à pu déterminer son contenu intangible.

    Lise-Adèle Groussin

    Le travail artistique mené par Lise-Adèle Groussin est centré sur une proposition de lectures, d’interprétations singulières laissées au soin du spectateur. Libre de manipuler à son gré les objets mis à sa disposition, il leur donne sens et ainsi fait oeuvre. Chez Lise-Adèle Groussin, il s’agit de manipulations physiques et/ou mentales, de jeux liant l’intime et le collectif. Elle questionne l’universalité et le processus d’identification par l’appropriation. Chez elle, il est souvent question de gestes : couvrir, assembler, protéger, d’empreintes du temps et de vécus subjectifs, de corps et de peaux protégeant et fragiles dans leur mobilité.

    Maureen Ragoucy

    Cette artiste mène un travail d’échange avec des inconnus basé sur des protocoles établis au préalable. Elle garde des traces de ses rencontres et de ces moments par l’écriture et la photographie. Opérant tels des fenêtres sur des bribes de journaux intimes, ses projets tentent un accès chez l’individu et jouent sur la confiance, le lâcher prise qui peut ou pas s’établir pendant des durées qui, à priori, ne sont pas propices à ce type de confidences. Par ses projets mis en place dans des lieux culturellement très différents, elle tente d’explorer la possibilité d’un dénominateur commun.

    Camille Simony

    Camille Simony-Jarrige s’intéresse aux traces du vécu, aux identités, aux changements de forme, de nature ou de structure, aux micromouvements. Elle collecte, conserve et expose des chaussures comme des objets témoins. Elle observe des visages comme des théâtres de l’intime qu’elle désire pénétrer par des dissections poétiques plus que physiques. A la recherche de l’intériorité des choses, elle scrute et elle dialogue. Les média rendant compte de ses recherches sont aussi bien la vidéo que la photographie et les ready-mades.

    GALERIE MUSEUM

    S’incluant discrètement dans le paysage de la Gare d’Austerlitz, la galerie qui, comme la cour sur laquelle elle donne, emprunte son nom au Muséum national d’Histoire naturelle voisin, est propriété de la SNCF. Anciennement boutique de vêtements ne se démarquant pas des autres nombreux commerces qui animent la cour d’arrivée, elle est aujourd’hui une vitrine pour la création. Ses spécificités sont constituées par l’espace de la vitrine ainsi que par son insertion dans l’environnement sonore de la SNCF connu par tous.

     Textes de Sandra Černjul

     CONTACT

    Rhézome, 01 48 77 56 86, info.rhezome@gmail.com, http://rhezome.eklablog.com